Le parc du château est un patchwork : un vieux potager clos de murs, des allées de tilleuls et de platanes, une bande de garrigue vers le sud et, en contrebas, les berges de l'Hérault. Chaque zone a sa saison. Voici, mois par mois, ce qui finit dans mes paniers puis dans les préparations de Holi Anna.
Printemps (mars – mai)
- Mars : bourgeons de peuplier noir sur les berges, pour le baume « Propolis verte ». Les bourgeons sont collants, résineux ; je les cueille avec des gants.
- Avril : ortie, jeunes pousses de 15 cm maximum, pour les infusions reminéralisantes. Violettes et primevères pour les élixirs floraux.
- Mai : aubépine en fleur (quelques jours seulement), sauge officinale, thym de garrigue, premières roses anciennes du potager pour l’eau florale.
Été (juin – août)
- Juin : tilleul. C’est la récolte la plus courte et la plus décisive de l’année : trois à cinq jours où les bractées sont ouvertes mais pas encore fanées. Lavande vraie sur les rangs du sud. Millepertuis autour de la Saint-Jean pour le macérât rouge.
- Juillet : calendula tous les deux jours, camomille matricaire, verveine citronnée, mélisse avant floraison.
- Août : romarin, sarriette, feuilles de figuier (pour un macérât à l’odeur de miel et d’amande), premières graines de fenouil.
Automne (septembre – novembre)
- Septembre : baies d’aubépine, cynorrhodons (fruits de l’églantier) après les premières nuits fraîches, feuilles de mûrier.
- Octobre : graines (fenouil, coriandre, nigelle du potager) et racines : la saison où l’énergie de la plante redescend en terre. Consoude et bardane à la bêche.
- Novembre : rien ou presque. Le grenier est plein, c’est le temps de trier, étiqueter, formuler.
Hiver (décembre – février)
Le romarin et le thym se récoltent toute l'année, mais je les réserve aux jours secs et ensoleillés. L'hiver est surtout la saison des bijoux : je passe l'essentiel de mon temps à l'établi, à trier et monter les pierres, et à préparer les études Chemin de Vie commandées pour les fêtes.
Mes trois règles de cueillette
- Ne jamais prélever plus d’un tiers d’une plante ou d’une station, et laisser les plus beaux sujets se ressemer.
- Ne cueillir que ce que je sais identifier avec certitude, à 100 %. En cas de doute, je photographie, je rentre, je vérifie dans les flores. Le doute ne se cueille pas.
- Loin des routes, jamais en bordure de champ traité, et toujours par temps sec.
Ce calendrier, complété d'une fiche par plante, est le cœur de mon grimoire « Les plantes du jardin ». Et si vous préférez cueillir avec moi, les journées de formation plantes & phytothérapie se déroulent précisément sur ces stations, en mai, juin et septembre.

